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Le Clézio, prix Nobel de Littérature 2008  
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« La force et la faiblesse de l'Humain est de se bercer continuellement d'illusions. » © Evelyne L.
 

    S'il est un prix noble par excellence, c'est bien le prix Nobel, puisque « Nobel » signifie « noble ». Et s'il est un écrivain qui, en littérature, méritait ce prix, c'est bien Jean Marie Le Clézio (1) ! Pas Le Clézio en tant que Français mais Le Clézio en tant que « Le Clézio » : être indépendant, cosmopolite, citoyen du monde, évolué et, par voix de conséquences, respectueux de l'autre. Rien, de ce fait, du Français typique.

--Or, piqués au vif par un journaliste américain qui osait dire que la culture française était en déclin, la France des journalistes, des écrivains et des intellectuels s'est approprié ce prix avec orgueil et condescendance, comme d'habitude ! Comme si « Le Clézio » et « la France » était soudain devenu une même et unique entité !? Ce qui, finalement, est aussi irrecpectueux pour Le Clézio que prétentieux pour la France.

--De surcroît, de quelle culture parle-t-on ? De la culture du « luxe » — seul domaine où la France soit encore plus ou moins au top, promotrice de l’horlogerie ancienne, de la mode, de la bijouterie, de la gastronomie et éternelle nostalgique de la vie de château à Versailles et du Roi Soleil — Versailles pourtant ressuscité de ses cendres grâce aux USA et à leurs mécènes, « les Amis de Versailles » ? De la culture des Français de souches ou de celle des enfants d’immigrés ? De la culture des artistes et des intellectuels ou de celle des travailleurs en usines ? De la culture des arts et de la littérature ou de celle de la rue ? De la culture de la pensée libre ou de celle de l'autorité étatique et des religions ?

--Sans doute y a-t-il autant de cultures possibles qu'il y a de gens, mais il est une seule culture commune dont on puisse vraiment parler : celle dont chacun d’entre nous s’imprègne en grandissant dans son pays, quel que soit le pays, et qui fait de nous un Français ou un Américain, un Néerlandais ou un Russe. Qui fait que l’on acquière une mentalité française ou américaine, néerlandaise ou russe. Une culture de base dont il est très difficile de se sortir si l’on n'a pas l’intelligence de vouloir rester en toute chose objectif et de s’imprégner d’autres cultures afin de mettre la sienne en réelle perspective.
--Tout le reste est du superflu, parfois indispensable, certes, mais il n’est pas nécessaire d’être « cultivés » pour avoir une culture, il suffit de naitre quelque part. En ce sens, personne n’a à envier quoi que ce soit à l’autre : globalement, les mentalités changent, mais n'évoluent pas ; à certains niveaux, on régresse même sûrement. La mondialisation ou/et les révolutions « culturelles » et informatiques et les « révolutions  religieuses » sont  effectivement passées par là. De ce fait, toutes les « cultures » sont en déclin ; certaines plus que d’autres.

--Pour la France, où la culture du luxe semble le seul orgueil national, le luxe n'est plus non plus ce qu'il était ! Beaucoup de concurrence, dans le domaine, mais, surtout, combien de gens en ce monde peuvent-ils s'offrir le luxe de s'offrir du luxe ?

--Non, Monsieur Le Clézio n'a pas été récompensé parce qu'il est français mais parce qu'il est « Le Clézio », un être humain d'exception, écrivain de surcroît. La moindre des choses est de le respecter en tant que tel, de reconnaitre son seul mérite personnel et non pas celui du pays où il est né !

Pax.

© Evelyne L.
10 décembre 2008 / 21 avril 2009
 
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(1) Jean Marie Gustave Le Clézio, né le 13 avril 1940 à Nice, France.
 
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