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La Critique Facile
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« Respecter l’autre c’est, a priori, avoir l’intelligence de reconnaître, en soi, qu’il doit savoir ce qu’il fait ou savoir ce qu’il dit. Jusqu’à preuve du contraire. » © Evelyne L.

 
Avoir un regard et un sens critique, c’est savoir conserver, en toute occasion, son objectivité...
 

   Il semble, malheureusement, qu’une nouvelle tendance — depuis longtemps entonnée, du reste — en France et ailleurs, s’installe aujourd’hui confortablement parmi nous et consiste davantage à détruire qu’à « critiquer », à « montrer du doigt » plutôt qu’à informer. Chacun peut s’improviser « critique » et dire n’importe quoi sur n’importe qui, peu s’en offusquent.

   Bien qu’on ait, d’un autre côté, de moins en moins le droit de dire ce qu’on pense et de moins en moins la liberté de critiquer les « officiels » — au risque d’être accusé de crime de lèse-majesté —, à un niveau plus général, on canonne ou on démolie habilement à coups de mots ou d’expressions bien placés... Le résultat est le même, si ce n’est pire ! Dans tous les cas, l’éthique et l’objectivité y font sérieusement défaut.

   Bien que les « informations » révélées ne soient pas forcément justes et ne fassent pas d’une critique, une critique positive ni ne fassent d’un critique, un critique avisé [1]... un seul mot, une simple phrase ou expression bien formulée, à tendance négative — le ton faisant le reste — suffit à détruire la réputation de quelqu’un. Cela gêne-t-il qui que ce soit ? Pas encore suffisamment, en tout cas, pour inverser la tendance.
Au contraire, ce genre de mentalité semble se vulgariser et, à la façon des cirques romains, cela fait vendre. Si bien qu’on se prend au sérieux, on exagère, on force le trait, sans ne prendre jamais de recul suffisant pour entrevoir vraiment le mal que cela génère...

   Les libertés dont nous bénéficions se gérant de plus en plus mal, au lieu de remédier aux abus, nous abusons davantage, nous humilions pour faire de l’audimat, nous critiquons sans merci, nous écrasons sans état d’âme ou nous encensons sans retenue… Quand nous ne confondons pas tout ! La liberté de la presse donne effectivement tous les pouvoirs aux médias, ils s’en servent ! À partir de là, tous les excès sont permis. Jusqu'au lynchage.

   Ainsi, il est plus facile à ceux qui représentent finalement la voix de la population, de la majorité, de se montrer également de plus en plus réducteurs ? Réducteurs des mots — le galvaudage n’a jamais été aussi courant que de nos jours —, réducteurs des personnes — « La France d’en bas » —, réducteurs des idées, des libertés et, finalement, réducteurs des choix — toujours de plus en plus de lois et de règlements. Rien ne progresse plus, rien n’évolue, tout recule, mais tout se propage pourtant ! L’expression « La France d’en bas » est l’expression la plus dégradante et insultante que j’ai pu entendre ces dernières années, mais tout le monde, ou presque, à l’époque, la répétait à cœur joie à la télé, dans les émissions culturelles, aux journaux télévisés, etc. Aujourd’hui, elle fait partie du vocabulaire commun. C’est dire si nous sommes objectifs et respectueux de l’autre !?

   Finalement, nous abusons de tout, tout en en réduisant le sens, l’esprit, l’objectif et l’intérêt.

   Connus, on vous encense pour un rien et sans parti pris [2], mais à la moindre erreur, on se jette sur vous comme une volée de vautours sur une carcasse ! Concernés, on ne peut plus dire grand-chose sur Israël, sans se faire traiter d’antisémite ; sur les États-Unis, sans se faire traiter d’anti-Américains ; sur la France, sans se faire traiter d’anti-Français. On ne peut pas dire « non » à une demande d’engagement sans se faire traiter d’ingrats. On ne peut plus siffler le drapeau français ou la « marseillaise » sans déclencher un tollé général et un décret de loi.

   Or, on ne peut pas revendiquer le droit à l’information en confondant l’information avec la prise de position, la passion avec l’objectivité. On ne peut pas non plus, par gratitude, rester tributaire à vie d’une soi-disant dette et soutenir le « défendeur » quoi qu’il fasse. Ni se croire civilisés et rester à ce point dépendants des symboles.
   Faits pour rassurer, nous sommes effectivement programmés pour croire en Dieu et aux symboles : plus l’Homme a besoin d’être rassuré, plus il croit en Dieu et plus il s’accroche aux symboles — ceux-ci provenant des religions. Mais même sans Dieu, plus le contexte semble changer, moins l’être change ; il crée d’autres symboles et s’y accroche tout autant au moindre souffle de vent. Or, ceux-ci ne sont qu’une illusion de plus, et il est possible de s’en déprogrammer ! Encore faut-il en laisser au monde la possibilité. Malheureusement, ce n’est pas en procréant une énième loi, dont celle contre les éventuels « profanateurs » du drapeau français ou de la « marseillaise », ou celle sur le port du « foulard » à l’école, que nous en prenons le chemin !?

   Finalement, de la liberté de la presse nous sommes passés à la dictature de la presse, puis à la dictature commerciale et économique, puis à la dictature des symboles ; à quand, la dictature tout court ?

   L’esprit de l’Homme semble se rétrécir irrémédiablement.

   Quoi qu’il en soit, a-t-on besoin de l’approbation de quiconque pour exister, pour créer, pour dire ce qu’on pense, pour vivre sa vie ? Définitivement non, si vous ne faites de torts à personne.

   Conclusion : cessons d’accorder aux médias tant d’importance. Utilisons notre propre sens critique, en nous méfiant sans cesse de notre propre subjectivité.

   Dire n’importe quoi sur n’importe qui, pourvu que ça se vende, ne devrait pas être le leitmotiv d’informateurs prétentieux³ promulgués pour un temps sur des hauteurs qu’ils n’ont pas.

Ave !

© Evelyne L.
27 janvier 2004 / 8 avril 2009
 
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[1] Une critique qui semble « négative » peut être positive, comme une critique qui semble « positive » peut être négative. Tout est dans les mots que vous employez, dans le ton, et surtout dans l’objectivité et le respect de l’autre... de son travail, de sa vision, de son ambition, etc. Rappelons : « Nul ne peut critiquer objectivement un livre ou un film fantastique, s’il n’aime pas le fantastique. » © Evelyne L.
[2] Si on est connus, on est forcément un type bien, un type fantastique, un héros... [!?]
 
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Boutons d'Anémones © Evelyne L.
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