|
Sommes-nous dans une période de transition où tout va pour le pire pour mieux accéder au meilleur ?! Sommes-nous entrain [1] de payer nos erreurs passées et le sang que nous avons tant de fois contribué à faire couler ou sommes-nous tout simplement entrés dans une période de régression telle qu’elle sonne finalement le glas de notre civilisation ou de nos cultures ?! Une chose est sûre, la violence est de plus en plus présente dans nos vies, où que l’on soit.
Il n’y a pas eu, évidemment, de transition réflective entre l’autorité paternaliste ou absolue et la liberté d’expression. La peur a fait place au défi, en escamotant le respect.
En effet, le respect de soi et le respect de l’autre dépendent entièrement du respect que l’on vous porte en retour. Il ne fonctionne pas à sens unique. Les parents doivent respecter leurs enfants s’ils veulent que ceux-ci les respectent à leur tour. Le professeur doit respecter ses élèves ; l’entreprise, ses travailleurs ; l’Église, ses membres ; le gouvernement, son peuple... Or, peu de gens savent réellement ce qu’est le respect mutuel. Les manquements sont donc quasi constants.
De toute évidence, l’autorité s’exprime toujours aux dépens de quelqu’un. Elle est le vouloir et le pouvoir d’un être sur un autre. Quand elle n’engendre pas la peur et la soumission, elle engendre automatiquement une réaction opposée, la violence. Par frustrations. Faute d’avoir appris à respecter et à être respecté. Or, tout dans nos sociétés est basé sur un rapport de force ; rien, ou presque, n’est basé sur le respect mutuel.
Tant que les symboles seront plus forts et plus importants que la justice réelle et le bien-être des peuples, rien n’arrêtera la Violence. [2]
- -Tant qu’on attachera plus d’importance à un chant national guerrier et à un drapeau qu’à ceux qui estiment devoir les siffler – pour quelques raisons que ce soit –, rien n’arrêtera la violence.
Tant qu’on « interchangera », en France, le mot « république » au mot « démocratie », de telles façons à laisser entendre que seule la république pourrait être démocratique – ignorant de ce fait tout une autre panoplie de possibilités existantes – rien n’arrêtera la violence.
[3]
Tant que les intérêts nationaux soi-disant sécuritaires — plutôt que les intérêts des populations — influenceront les décisions de nos dirigeants, rien n’arrêtera la Violence ?
Tant que les lois et les exigences du commerce ou de l’économie évolueront plus vite que le pouvoir d’achat, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que les industriels, au nom de ce même commerce et de l’économie, auront tous les droits, même celui de nous empoisonner ou de sérieusement compromettre notre santé, rien n’arrêtera la Violence.
[4]
Tant que les intérêts commerciaux et économiques seront plus importants que les intérêts des populations, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que la logique de l’argent l’emportera sur la logique intellectuelle, éthique et psychologique, rien n’arrêtera la Violence.
Tant qu’un seul pays se croira plus important, plus puissant, plus intouchable ou plus indispensable que son voisin, rien n’arrêtera la Violence.
- -Tant que la loi ne sera pas la même pour tous et chacun d’entre nous, rien n’arrêtera la Violence ! [5]
Tant que le lobbyisme aura plus d’influence sur les décisions des gouvernements que les intérêts, d’une façon générale, de tout un peuple ou des peuples, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que la Police traitera les gens comme des « prétendus coupables » au lieu des « présumés innocents » qu’ils sont tous aux yeux de la loi, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que les préjugés gouverneront les esprits et mentalités plutôt que le désir d’apprendre et de comprendre, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que les valeurs religieuses prévaudront contre la valeur vitale, mentale et spirituelle de l’être lui-même, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que nous ferons automatiquement des acteurs, des sportifs ou des soldats des héros, y compris ceux morts sur le front — sans même savoir réellement ce qu’ils y faisaient ou pensaient —, rien n’arrêtera la Violence. [6]
Tant que la subjectivité l’emportera sur l’objectivité, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que nous accepterons que le Système a droit à l’erreur — et donc à mettre des innocents en prison, quand ce n’est pas sous la « guillotine », sur « la chaise électrique » ou la table à injections fatales —, rien n’arrêtera la Violence !
Tant que nous penserons que le droit à l’information l’emporte sur le droit à la sanité [7], à la décence, à la tranquillité d’esprit et à la compassion, rien n’arrêtera la Violence.
Tant que nous ne serons pas vraiment mentalement, sentimentalement, spirituel-lement et intellectuellement « Citoyen du Monde », rien n’arrêtera la Violence.
[8]
Finalement, la violence est comme un boomerang, plus on la commet, plus on la vit et plus on nous la montre, plus elle nous revient…
Le lit de nos rivières est encore rouge du sang de nos tués ;
La voûte des cieux résonne encore du cri des suppliciés...
N’oublions pas, cependant, que la jeunesse d’aujourd’hui ne peut pas avoir la mémoire de ses parents, encore moins celle de ses grands-parents. Pour elle, la guerre de 1939-1945 — et ses horreurs — n’a jamais existé, du moins pas dans ses tripes. Elle ne fait plus partie de sa réalité, mais de son inconscient collectif qu’elle ne sait toujours pas gérer : dans l’inconscient humain, la croyance en Dieu est bien plus prépondérante, en tant que symbole, qu’un génocide ou une guerre, quels qu’ils soient. La dernière guerre mondiale est donc allée se fondre, dans la mémoire collective, à des milliers d’autres guerres, génocides et autres drames que l’espèce humaine a subis depuis qu’elle existe… Et à chaque génération qui passe, nous éloignant un peu plus de la mémoire directe, les réactions guerrières, invariablement, reprennent le dessus... Finalement, l’Homme a si peu évolué ! Et ce, parce que nous n’acceptons jamais vraiment nos responsabilités en tant qu’individu, encore moins en tant que collectivité.
Nos efforts de mémoire, nos prises de conscience et de responsabilités sont trop lents et trop timides. Nous nous mémorisons et commémorons seulement les morts que les autres ont soi-disant causées. Ce ne sont pourtant pas ces morts-là qui nous habitent. Nous ne sommes évidemment pas responsable des crimes de nos parents, quand crimes il y a, mais nous sommes responsables du fait de ne pas les reconnaitre ni de les accepter en tant que tel. Nous sommes toujours, pourtant, le produit de notre passé, conscient et inconscient...
En effet, s’il est important de conserver la mémoire rèelle de nos aïeux, il est tout aussi important de bien comprendre les mécanismes psychologiques qui régissent les actions humaines et tant que les adultes ne se comporteront pas en Adultes pourquoi les adolescents et les jeunes en général les écouteraient-ils ? Si les adultes ne respectent rien, ou presque, comment les jeunes pourraient-ils respecter quoi que ce soit et comprendre que la Violence « gratuite » est l’absolue négation de la vie, de l’amour de la vie et du respect qu’on lui doit, qu’on se doit et qu’on doit à autrui ?!
Apprenons avant tout à respecter la vie — qui inclus forcément le respect de la mort et le droit à la mort ; donc, le respect de l'équilibre — et le respect de soi et de l’autre — y compris celui pour la Nature et le monde animal – viendra automatiquement ; la violence se canalisera alors peu à peu d’elle-même, parce que nous aurons enfin compris d’où elle vient et pourquoi. |
[1] Orthographe personnelle
[2] Selon Amnesty International, « de 1998 à 2001, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont engrangé plus d’argent grâce aux ventes d’armes aux pays en voie de développement que le montant de leur aide à ces mêmes pays. »
[3] Manque total de respect pour les autres régimes européens à Monarchie constitutionnelle — tels que la Norvège, la Suède, le Danemark ou les Pays-Bas — qui n’ont rien à envier à quiconque sur le plan démocratique, bien au contraire !
[4] Les Producteurs de cigarettes savent depuis le début des années 50 que le tabac est extrêmement nocif pour la santé — indépendamment de tous les ajouts —, ça ne les a pas empêchés de continuer à en fabriquer et à y ajouter, au cours des décennies, davantage de toxines et de poisons, dont l’ammoniac et le mercure, afin de rendre le fumeur plus dépendant plus vite ! C’est un acte criminel délibéré accepté par tous les gouvernements.
[5] Bush, par ex., a refusé de reconnaitre l’existence d’un Tribunal de Justice International, en menaçant, en prime, d’envahir la Hollande si le Tribunal de La Haye osait traduire en justice l’un de ses ressortissants. À côté de cela, certains gouvernements européens ont promis à leur État-major réciproque que, quoi qu’il arrive durant la guerre en Afghanistan, leurs soldats ne seraient pas traduits devant le tribunal de La Haye.
[6] Un soldat n’est pas forcément un héros et un soldat mort n’est pas forcément mort en héros ni n’avait forcément la capacité de le devenir. L’héroïsme, comme je l’ai déjà dit ailleurs, ne tient jamais qu’à une fraction de seconde : passez cette seconde et vous restez dans l’ordinaire ! Quand Céline dit, soutenu par Bernard-Henri Lévy, « le héros est un être sans imagination », ils ont tort tous les deux. Le principe de l’héroïsme est justement tout le contraire : l’être voit, en cette fraction de seconde, ce qui va arriver à l’autre... et sait réagir, dans l’espace de cette même fraction de seconde... puisque justement, dans l’héroïsme, ce qui importe est l’autre, pas soi. Ce qui demande déjà un caractère et une mentalité particuliers que peu de gens possèdent. Alors, cessons de dire n’importe quoi sur l’héroïsme et de faire des héros de n’importe qui ! Les soldats ne vont pas faire la guerre pour sauver le monde, ils vont d’abord à l’armée parce qu’ils aiment ça !
[7] Mot personnel qui signifie « santé mentale ».
[8] Je ne dis pas « économiquement ». Sur le plan économique, nous devrons impérativement faire marche arrière. Si le capitalisme crée des "richesses", il en détruit tout autant, si ce n'est davantage... |